C'est décidé. Pour Noël, nous mangerons mini capuchon. En lieu et place d'une dinde qui aura accompagné Geneviève de Fontenay toute l'année, nous servirons dans un body de coton doux, de belles cuisses rondelettes. Je ne sais pas quel genre de parents anthropophages, indignes ou tarés nous sommes, mais le fait est que notre notre fille aux belles joues rondes, suscite chez nous des désirs de gourmandises insoupçonnables. Il n'y a pas plus de nianianZerie dans cette introduction, que de colliers de nouilles chez Swarovski (tiens une idée).
Le mini capuchon n'est pas un gosse comme les autres. C'est un peu Ducasse contre Dealer Price (Outch!, comment ose t'il comparer son enfant à un vulgaire centre commercial ?). Du pouce à l'auriculaire, chacun de ses doigts boudinés qui t'arrache la moustache est un repas 4 étoiles qui te nargue. Dans le mou de ses bras, l'intime conviction de goûter au moelleux d'une meringue. Au contour des dodus poignets, la sensation du nuggets parfum poulet - liniment. Oui, avec ses odeurs de lingettes biodégradables, le mini capuchon fait aussi gargouiller. Tu reconnaitras par ailleurs que nourri au balcon de maman, il reste un met de premier choix. Riche en vitamines et en oligo éléments, c'est le Sheba pour dire je t'aime et le Kwiskas des poils. Ratatouille en ferait des plats cuisinés, nous en ferons notre plat de résistance.
Il faut dire que depuis qu'elle a débarqué dans notre vie, notre équilibre alimentaire qui se plaisait de Pan pizza s'est vu métamorphosé. On avait bien des principes, certes, mais de là à devoir transformer la cuisine en jardin, il y a de la marge et depuis beaucoup d'épluchures collent le lino. Oh il y a bien des soirs où le livreur de sushis transpire ses 5 étages mais jamais sans une soupe. Car c'est maman qui a craqué (dénoncée!). M'obligeant à chercher le mot chocolat dans un paquet de biscuits à la châtaigne. Remplaçant le Coca par le lait d'amandes et écrasant mes pommes frites sous des sachets d'épinards, prêt à se faire Babycooker la branche. Je sais désormais que Weleda transpire dans mes tasses et que même en regardant le bol de croquettes des cat's, je ne trrouverai pas plus de chocolat.
Alors pour la noël mini capuchon, tu comprendras que nous te bouffâmes le bidon qui rigole lorsqu'on lui souffle dessus. Nous te cuisinerons l'oreille décollée (si, si la même que maman). Accompagnant notre café d'un craquant de micro dents. Et en guise de digestif (un truc de grand qui brûle la gorge) une lichette de ce cri strident. Celui qui hérisse la moquette et fait virer la couleur des poils des chats. Histoire de faire chalouper nos corps rassasiés sur des rythmes de diablotin. Ou de comprendre tout simplement, que toi aussi, t'as la dalle !
J'ai pensé à ce billet sur le fauteuil de mon dentiste, il y a peu, alors que je grimaçais méchamment pendant qu'on me triturait la gencive. J'avais mal, cela faisait longtemps et soudain je me suis rappelée, je me suis rappelée que depuis un an et 3 mois mon rapport à la douleur avait changé.
Il a changé doucement, par à coups. Avant ma grossesse, j'ai toujours appréhendé mon corps comme un simple support, j'évitais la douleur, et en même temps n'ayant jamais été vraiment malade je ne l'avais pas réélement vécue. J'avais aussi une trouille bleue des hopitaux et de tout ce qui est médical ... tu entrevois la nouveauté qui m'attendait ?
Il y a un an et 3 mois, j'entamais mon deuxième mois de grossesse, je jonglais entre travail éreintaint, nausées permanentes et vomis. Je me souviens avoir dit à barbe de 4 jours "Le prochain on l'adopte !" Je n'en pouvais plus. J'ai aussi découvert la joie de se faire picouser régulièrement, moi qui frôle l'évanouissement à la vue d'une seringue. Pour agrémenter le tout, j'ai du gérer des soucis supplémentaires pendant ma grossesse qui m'ont conduite à me faire picouser 4 fois en une semaine pendant mon 6ème mois de grossesse ... que du bonheur surtout quand l'une des picouses me fait un mal de chien pendant 3 jours.
Il y a 9 mois, j'avais si mal au dos que je pouvais à peine poser le pied par terre.
Il y a 8 mois, je ressentais des contractions de temps en temps, dans le métro, dans mon lit, pendant que ma meilleure amie essayait sa robe de mariée. Des contractions un peu douloureuses, vaguement. "Ce n'est que ça ?!"
Il y a 7 mois et 3 semaines, je me suis réveillée en sursaut de ma petite sieste digestive (nostalgie, je t'aimais sieste digestive), "purée ça fait un peu plus mal que d'habitude !" Et ça a continué pendant plusieurs heures, ça va je gère, ça monte, mais je respire, ça va. Puis je dois vivre cette douleur dans le métro car mini capuchon a décidé de naître un jour de tempête de neige, la capitale est bloquée. Une dame dans le métro me demande si c'est le moment "Non parce que je vous vois devenir cramoisie". Oui, c'est pour bientôt !
3h plus tard, à la maternité, je sens une tension immense comme un grand "clac" dans le bas du ventre, quelques instants plus tard, je perds les eaux et là la VRAIE douleur commence. Une douleur que je n'imaginais pas, une douleur qui me fait penser que je n'y arriverai jamais. On me fait une perfusion, je trouve le moyen d'avoir peur de la picouse entre deux contractions ... absurde ! J'ai tellement mal que je vomis, deux fois.
2 h plus tard, on me pose une péridurale, j'ai peur d'avoir mal mais ça ne me fait rien. Je suis soulagée mais au bout de 20 minutes, elle ne marche plus complètement et j'ai à nouveau mal.
1h30 plus tard, c'est LE moment, ma fille est entrain de naître, j'ai mal mais l'excitation à l'idée de voir ma fille efface tout. Aspect positif de la péridurale qui ne marche pas, je sens presque tout, je sens ma fille sortir, petit à petit. On la pose sur moi. J'éprouve un sentiment de plénitude et de soulagement, j'y suis arrivée ! Là je me dis que le plus dur est derrière moi : 9 mois de grossesse avec ses petits désagréments, les douleurs de l'accouchement, je peux souffler.
NON, m'attendent encore la douleur de la délivrance, je fais une hémorragie, on me soigne, ça dure longtemps. J'ai mal car le médecin ne comprend pas que la péridurale ne fonctionne pas. J'attends, je veux voir ma fille. Quand enfin je peux la prendre dans mes bras, je n'ai plus mal je suis sereine.
3 jours après la naissance de ma fille, j'ai à nouveau mal. Je dis à barbe de 4 jours que finalement je ne veux que deux enfants. Je suis épuisée par une anémie inquiétante, on doit me garder 2 jours de plus pour me faire des perfusions de fer. A cause de mon anémie, ma fille a été gardée à la crèche une nuit, ça n'a servi à rien, je n'ai pas dormi sans elle près de moi et j'ai eu une montée de lait très douloureuse qu'elle na pas pu soulager. J'ai mal aux seins, une sage-femme m'aide, heureusement.
4 et 5 jours après l'accouchement, on me fait des perfusions de fer. Moi qui avais peur des picouses je suis servie, des perfusions pendant plusieurs heures, je suis ravie. J'ai peur d'avoir mal alors que je viens de vivre un accouchement ... un peu absurde à nouveau.
Une semaine après l'accouchement, je suis à la maison, je vais mieux mais j'ai très mal à la main depuis la dernière perfusion. Elle a étrangement gonflé tout autour de la piqure. La pharmacienne dit que ça arrive parfois ... peut-être mais ma main me fait incroyablement mal, surtout quand je suis allongée, or je suis censée me reposer. Barbe de 4 jours me fait des compresses d'alcool pour me soulager, heureusement qu'il est là. Au bout d'un jour, je lui dis en larmes que je ne peux plus, je n'en peux plus d'avoir mal. En une semaine, j'ai eu plus mal que durant toute ma vie, je ne veux plus supporter une seule douleur, je veux récupérer mon corps que je vis alors comme un fardeau. Je veux juste être bien physiquement pour profiter de mon bonheur d'être mère.
... depuis les larmes sont passées, il n'est plus question ni d'adopter le prochain, ni de n'avoir que deux enfants. Et ne nous y trompons pas, j'ai adoré vivre la naissance de ma fille (tout le paradoxe d'être parent !) mais je garde en mémoire toute cette douleur. La maternité a changé ma vision et mon rapport à la douleur. Comme dirait Florence Foresti, j'ai presque l'impression d'avoir connu la guerre, ma guerre à moi contre mon corps et contre la douleur. Mon prochain accouchement je veux le vivre avec mon corps et non plus contre lui, le vivre plus sereinement.
(Illustration de Je veux un bébé.)
Me voila repartie pour ma deuxième session des vendredis intellos de Mme Déjantée.
La semaine dernière j'avais parlé de deux lectures sur l'éducation et la communication non violente. Un mode d'éducation qui se caractèrise entre autres par une absence de punition mais également par une absence de récompense. Mme Déjantée, dans son rapport hebdomadaire avait souligné le fait que les méfaits des récompenses n'étaient peut-être pas quelque chose d'évident à saisir. En y réfléchissant, cela me semble tout à fait vrai et j'aimerais donc m'y attarder un peu plus, aujourd'hui.
Personnellement, j'ai appréhendé cette notion lorsque j'ai lu dans Enseigner avec bienveillance de Marshall B Rosenberg tout un récit sur une mise en situation fictive entre une enseignante et un élève au sujet d'une démonstration de violence de l'enfant. Pendant toute la mise en scène, il tente d'orienter l'enseignante pour entrer dans un fonctionnement non violent. A la fin l'enseignante explique à l'élève fictif qu'elle a apprécié cet échange et qu'elle a envie qu'il puisse s'amuser et que les autres élèves se sentent en sécurité. L'auteur explique après cela, sur trois pages "comment la reconnaissance peut-être ressentie comme un jugement". Il dit entre autres : "Si elle l'avait récompensé par un jugement positif en lui disant : " Tu sais, le fait de parler ensemble comme nous l'avons fait montre que tu es un très bon élève", cela aurait été tout aussi violent que de lui dire "Tu es un mauavais élève." Mais ce n'est pas ce qu'elle a dit. Elle a parlé avec son coeur. Il est très difficile pour pour ceux qui ne pratiquent pas la Communication Non Violente d'entendre la reconnaissance qui vient du coeur. Pourquoi ? Parce qu'ils ont toujours vécu dans un monde qui entend la reconnaissance comme un jugement. Ils se demandent s'il l'ont mérité ou si on leur dit "merci" pour les récompenser; en effet ce mot est souvent utilisé comme récompense ce qui est le meilleur moyen de gâcher la beauté de la reconnaissance."
Tout ceci me parle, car de nombreuses fois, dans ma vie, je n'ai pas été à même d'accepter des compliments ou des signes de reconnaissance. Il m'est arrivé de nombreuses fois de les prendre pour des jugements, exactement comme l'auteur l'explique parce que je n'étais pas habituée à ce qu'on me parle avec sincérité. Il s'agissait la plupart du temps de personnes en qui je n'avais pas totalement confiance, parce qu'elles m'avaient déjà jugées négativement de nombreuses fois. D'ailleurs la notion de jugement vaut tout aussi bien pour le négatif que pour le positif. Qui sommes-nous pour dire à une personne qu'elle fait mal quelque chose ? On se pose souvent cette question, mais se demande-t-on parfois qui sommes-nous pour dire à une personne qu'elle fait bien ? En gros, qui sommes-nous pour définir le mal ou le bien en tant que notion absolues ? Evidemment il y a des choses évidentes, je ne parle pas de cautionner des actes horribles ou de ne pas trouver un acte héroïque comme quelque chose de bien. Je parle ici des petites choses subtiles de la vie qui la rendent si complexe, je parle des choix que l'on fait quand en toute objectivité, plusieurs choix sont possibles et se valent. La subtilité réside peut-être aussi dans le simple fait de dire "Je trouve ça bien, ou selon moi c'est bien."
Qu'en est-il de la question d'éducation ? Et bien je crois que l'on peut tout d'abord distinguer les récompenses verbales et les récompenses pragmatiques.
Quand l'auteur dit qu'il est tout aussi violent de dire qu'un enfant est un mauvais élève que de dire qu'il est bon élève, on peut se dire "non ce n'est pas pareil, dans un cas c'est valorisant, dans l'autre on dévalorise". Ce n'est pas faux, évidemment. Mais moi ça me fait penser à une phrase qu'un formateur m'avait dite pendant ma formation, " Vous avez dit à cet élève qu'il était sage, que c'était bien. Mais qu'est-ce que ça veut dire être sage ? Est-ce que vous le savez ? Et surtout est-ce qu'il le sait ?" A l'époque, j'avais trouvé que ma formatrice jouait avec les mots et exagérait franchement. Aujourd'hui, je commence tout juste à comprendre ce qu'elle voulait dire. Les mots ont leur importance, or le mot "sage" à une connotation éminement morale, elle est donc tout à fait porteuse de jugement, et elle pose le problème même dans le cas d'une remarque positive de sa compréhension par celui qui reçoit ce jugement. C'est vrai, que veut dire être sage ? Selon les cas, les situations ça n'aurait pas du tout le même sens. Est-ce que ça veut dire satisfaire la volonté de ses parents ? Même si c'est celle-ci est absurde par moments ? Est-ce agir en taisant son envie de s'exprimer en faisant ce que les autres attendent ? Est-ce être silencieux ? Je me fais donc la réflexion que le mieux serait peut-être comme l'incite l'auteur de ce livre, d'essayer de faire preuve de pragmatisme et d'objectivité. Quel est le message que je veux faire passer ? Moi en tant que personne, et non pas moi en tant que censeur auquel il faut obéir. On peut peut-être formuler les choses ainsi " J'ai trouvé que c'était agréable que tu sois calme ( que tu ne cries pas, que tu ne te roules pas par terre ...) pendant cette promenade car on a pu faire plein de choses tous les deux, et on a pu prendre tout notre temps." Evidemment, j'interprète cette lecture à ma façon et en pratique c'est bien compliqué ! J'en ai conscience.
Cet auteur invite donc à faire attention à la manière dont on formule nos remarques positives. Cela ne veut biensur pas dire qu'on doit oublier d'encourager nos enfants ou ne plus leur exprimer nos contentements et satisfactions mais peut-être prendre garde à ne pas formuler ce qu'on dit sous forme de jugements avec le risque de conditionner ainsi notre amour et notre bienveillance (dans l'esprit de nos enfants) à une sorte de modèle auquel ils vont se sentir obliger de correspondre.
En ce qui concerne la récompense non plus verbale mais davantage pragmatique. Je peux, en tant qu'enseignante (pas encore en tant que maman !) parler d'expériences vécues. Comme toute jeune enseignante un peu perdue par moments, j'ai testé les punitions et les récompenses. Une année, j'ai utilisé un système qui permettait aux élèves les plus "sages" (hmhm) de gagner une image (liée au travail effectué en classe, je précise tout de même ...). La distribution de ces images a été pendant les 2 mois où j'ai pratiqué ce système, un beau moment d'échec de vie commune. Les élèves qui recevaient ces images étaient bien évidemment ravis, et les autres élèves criaient à l'injustice et se montraient vexés comme des poux ( surtout les élèves aux comportements les plus difficiles !) et boudaient pendant toute la durée de la distribution. Au final, les comportements n'évoluaient pas, en gros ça ne servait à rien, et j'ai donc renoncé.
Maintenant que j'y réfléchis, je me rends compte que d'un côté, les élèves qui savaient comment se comporter en élève n'avaient pas besoin de récompenses, ils avaient intégré ce pourquoi ils venaient à l'école. A la limite les récompenser pour cela envoyait un message étrange, comme si travailler en classe était contre nature et qu'il fallait compenser l'effort fourni par quelque chose d'agréable. Alors que travailler pour apprendre tout un tas de choses est censé engendrer un bien-être à long terme (bien-être d'autant plus réel qu'il s'agit d'enfants curieux), et que fait-on des élèves qui comme on l'a vu plus haut ne supportent pas d'être jugé même positivement ? Ou qui ne peuvent accepter ce jugement de la part de leur enseignante ?
De l'autre côté, les élèves qui avaient des problèmes de comportement avaient biensur des problèmes sous-jacents et complexes qui ne pouvaient évidemment pas être résolus par des récompenses ponctuelles alors que leurs problèmes étaient quasi permanents. Les récompenses distribuées aux autres venaient ajouter à leurs frustrations et surtout apportaient un jugement moral très mal vécus puisque dans ce cas ils étaient négatifs.
Evidemment, la manière dont j'ai pu conduire et investir ce système peut expliquer son échec, mais je me suis tout de même rendue compte que de donner des punitions tout comme de distribuer des récompenses, ne sert à rien, à long terme. Même si je suis la première à reconnaître qu'on y vient facilement par manque d'autres idées, malheureusement.
Comment appliquer tout cela dans le cadre de l'éducation de ses enfants ? Je n'ai pas la réponse, pour l'instant cela reste flou, mais je me rends compte que sur le principe je suis d'accord avec le message véhiculé par le principe de communication non violente. Et je pense surtout que la manière d'amener et de formuler les choses est essentielle, en gardant un esprit de bienveillance et d'empathie. Mais que c'est dur !
Mon article est déjà bien long (bon courage Mme Déjantée !) mais on pourrait aussi s'interroger sur les cas où les récompenses fonctionnent objectivement. Car cela arrive. On peut notamment s'interroger sur le message véhiculé à travers ces récompenses, et la réelle compréhension qu'en ont les enfants. Mais je vais m'arrêter là ... pour cette fois !
Je ne sais pas si vous avez remarqué mais un grand nombre d'albums pour bébé se terminent par une petite formule magique "Bonne nuit maintenant" ou "Au dodo, petit chat" ! Et j'en passe. Bien entendu, toute concordance avec le voeu le plus cher des parents serait totalement fortuite !
C'est dans cet esprit que la marque Liliputiens connue pour ses jolis petits livres en tissu a sorti un livre intitulé Bonsoir Petit Lapin. C'est un livre à rituel, un gros livre à dodo !
Mini capuchon est encore un peu petite, mais dans ma frénésie acheteuse, je me suis procurée ce livre encore non testé sur cobaye, mais découvert avec plaisir par une maman à l'âme d'enfant et qui aime jouer à la poupée.
Alors déjà, je te laisse découvrir la couverture. Le livre se présente sous forme de valisette, comme ça bébé pourra le laisser traîner partout par terre après avoir bavé dessus, le transporter partout en voyage.
Regarde comme il a l'air paisible Petit Lapin, lui il fait dodo en souriant et en rêvant de purées de carottes bien cuites. Il ne pleure pas toutes les 3 heures pour vérifier que Maman Lapin est toujours dans les parages, ou pour grapiller un reste de lait.
Mais comment fait-il ? Quel est son secret ? Pour le savoir, suivons-le chez lui car en Petit Lapin bien élevé il a un rituel bien établi.
A la première page, nous avons la cuisine, Petit Lapin peut enfiler son bavoir et ouvrir la porte du frigo pour s'enquiller son biberon tranquille sur une chaise où il est intelligemment indiqué "ici".
Voila le seul gros hic de ce livre, à mon sens : que fait-on des bébés allaités ? La marque fait comme s'il n'y avait QUE des bébés prenant le biberon. Certes passé un certain âge une majorité de petits prennent le biberon et le livre s'adresse surtout à des enfants de plus d'un an, mais je trouve ça peu délicat de leur part. Il ne me reste plus qu'à confectionner une maman lapine portant une robe Mamanana pour allaiter Petit Lapin dans la cuisine ...
Il faut noter au passage que la cuisine de Maman et Papa Lapin est très bien rangée. Tout est à sa place, la poubelle ne déborde pas, les placards et le frigo sont remplis d'aliments ultra sains, et ils ont même pensé à afficher des messages de sécurité domestique un peu partout ! Ils ont élevé le niveau Maman et Papa Lapin, moi je vous le dis !
C'est bien beau de se gaver de lait, il est temps de se débarbouiller. A la page suivante, Petit Lapin va faire sa toilette, il se lave les dents avec une vraie brosse à dents de compèt, même qu'elle fait la moitié de la taille de Petit Lapin, avec ça il ne risque pas d'oublier les recoins. Faut dire aussi que l'hygiène dentaire c'est hyper important pour les lapins. Une carie sur une dent et c'est la moitié de sa dentition qui est foutue.
Il se peigne les oreilles, va sur le pot, pot qui par ailleurs est présenté sous forme de petite poche, au cas où les utilisateurs voudraient y glisser quelque chose, mais je ne sais point quoi.
Petit Lapin va se laver et peut allégremment se rincer avec le pommeau de douche aussi grand que la brosse à dents. Il a même à disposition un petit gant de toilette pour frotter bien partout, des fois qu'il se serait sali en courant partout dans le jardin. Bon, par contre pour se sécher il va lui falloir sauter bien haut pour arriver au niveau de la serviette qui reste accrochée à l'étendoir, bah oui il a sa salopette, son pyjama, son gant, on n'allait pas non plus lui filer une serviette à disposition, faut pas pousser !
Dès l'arrivée dans la chambre, on peut faire remarquer à Petit Lapin qu'il fait nuit, en entrouvrant la fenêtre. T'as compris le message Petit Lapin ? Il FAUT dormir, c'est l'heure, allez, allez.
Comme Petit Lapin est bien élevé (je vous l'ai déjà dit), il range d'abord les jouets dans le coffre. Il lit un petit livre des plus intellectuels, puis file dans le lit avec son doudou qui soit dit en passant est un renard, suis-je la seule à m'interroger sur ce choix de doudou pour un lapin ?
Bref, tout ceci dans la bonne humeur. On dit bonsoir à Maman et Papa Lapin qui lèvent les bras de bonheur à l'idée de passer enfin une soirée en amoureux, chose qui n'est pas arrivée depuis 500 ans. Petit Lapin s'endort paisiblement, le sourire aux lèvres donc.
Si avec tout ça, mini capuchon ne s'endort pas paisiblement, comme un petit lapin repu de légumes et de lait, je ne sais plus quoi faire ... ptete lui acheter un mobile carottes trop fashion.
J'ai hésité entre reprendre un post sur la "griserie de la découverte" (p 227) de ma cop's Laurence Pernoud, qui me fait toujours autant de poussière dans les meubles. Et ce pavé. Que dis je, cette ode aux pères. Toute ressemblance avec des paternels s'apprêtant à exister est, bien entendu, purement fortuite.
Tu portes le pull sur les épaules. Ton job c'est ta vie et l'enfant inscrit sur ta ligne de CV, une expérience qualifiante. A la place d'une bibliothèque, tu as commandé en colis Chronopost l'intégral des Adibou. Pour endormir l'enfant, tu utilises l'application veilleuse Iphone. Il te reste un vague souvenir d'avoir croisé une écharpe de portage lors d'une convention à Kuala Lumpur. Ta fille au pair est étudiante russe en DEA de langue. D'ailleurs ton enfant sera trilingue ... ou déshérité. Tu as concédé prendre un congé paternité de 48 heures au cours duquel tu as pu faire le tri dans tes mails. Même si tu ne pipes pas un mot de ce que dit dieu, le baptême est pour toi une convention. Tu possèdes une gamme de biberons clés usb capable d'être alimentés en conseil Danone Nutritif. Ta femme n'écrit pas sur Doctissimo car elle trouve les smileys vulgaires. Dans le "4X4 RAV 4 White Edition" un écran télé placé dans l'appui tête permet de distraire bébé dans son siège auto. Cet été vous partirez à La Baule, avec les portables, les chargeurs et les Ipad … mais sans l'enfant unique.
Ta belle répond au surnom de « chacranounette », car comme deux atomes qui se percutent vous êtes en fusion. Tu portes ton bébé en écharpe et colle des stickers « father fucker » sur les poussettes mal garés que tu croises. Avec ta femme vous êtes à deux doigts de piler du verre dans les pots de Blédina et de les remettre en rayon. Afin de soutenir le printemps arabe, tu t'es fournis en germe égyptienne que tu fais pousser sur le balcon. Tu préfères la crèche associative à tout le reste, car à la question « que pensez vous de la co éducation ?» tu es le seul à pouvoir citer Alexander Sutherland Neill. Ton blog ressemble à des toilettes sèches, 100% biodégradable, il affiche même un taux de rejet carbone équivalent à 0...car tu n'as tout simplement pas de blog. T'es ce genre de papa casse couille qui re – re tri les poubelles de ses voisins à 11h du soir. Depuis 10 jours vous initiez chacranounette à la fabrication de fromage de chèvres dans le bas pays de l'Ariège. Bon appétit.
Les tétines chutent au sol et tu continues de ronfler. Lorsque tu te penches sur la mamosphère, tu te dis que les gonzesses piaillent comme les gosses gazouillent. Ça aussi c'est écrit dans ton livre d'Eric Zemmour. Mater ton Bull Terrier piquer la bouffe du mouflet te fait surkiffer. Tu as d'ailleurs partagé cette vidéo sur Star Com Buzz. Pour toi porter le mouflet dans la rue c'est surtout l'occasion de te faire aborder par des gonzesses. Dommage que tu ne saches pas enfiler un Babybjörn. T'as ramené des échantillons de lait industriel offert gratuitement, car au fond de toi tu conchies la police du nibard. Tu ne dis pas "chérie" ou "mon cœur" mais "maman". L'allocation de rentrée scolaire passera aussi dans de nouvelles jantes pour la 205. Cet été ce sera Marseillan plage, son camping, ton allée et ta belle mère qui gardera le mouflet par la même occasion.
Ton chat lèche le sac à langer car il ne sait plus vraiment comment attirer ton attention. Tu t'es dit en grand poète, que les gosses ça cerne aussi bien les yeux que le coeur. Lorsque les tétines chutent au sol au milieu de la nuit, tu marmonnes a demi conscient « gogogadget au bras ». Tu mixes couches jetables et lavables parce que faut pas déconner, t'es un gros flemmard parfois. Tu ne confonds pas biologie et revendications féministes, mais tu as beaucoup trop de respect pour la gourmandise de ta femme pour devoir entarter Elisabeth Badinter. Tu as comme consigne de remplacer le mot « merde » par "mercredi" et "putain" par "purée de pomme de terre", mais franchement c'est pas là que tu vas te distinguer. La gosse est allaitée parce que c'est beau, bon et bien. Ton truc à toi c'est d'envisager de faire une Google Map de tous les relais colis du quartier où vous avez trainé tous les trois. T'attends avec impatience le premier boutonneux qui fanfaronnera avec la main de ta fille dans la sienne. Tu ne te rases plus que par conventions. La pesanteur parfois te pèse mais chaque fois de voir ta femme en pleine forme te rassure. T'es d'une mauvaise foi légendaire car tu sais que de la voir poster nuit et jour à une vitesse de wonder blogueuse, ça te rend jaloux. Dans quelques heures la gosse trempera ses pieds dans la mer. Une première.
...désolé.
Cela fait 2 mois et demi que mini capuchon mange des purées et des compotes en plus du lait de sa maman. On a commencé la diversification à ses 5 mois pour cause de régurgitations et de vomis récurrents qui ont effectivement diminué depuis.
Le premier mois, le pédiatre m'a dit "Prenez des petits pots industriels au début, ils sont très bien faits !" Fallait pas me le dire deux fois ! J'ai sauté sur l'occasion et je me suis donc précipitée avec une joie certaine au rayon bébé du supermarché pour sélectionner quelques pots de carottes, courgettes et compotes de pommes poires.
Finalement avec un tout petit peu de recul, je regrette. Bien souvent bébé n°1 est un peu le brouillon des autres bébés à venir. En effet, j'ai reçu des informations sur les pots industriels notamment qu'ils présentaient parfois des ajouts de sels ou de sucres, que certains contenaient même de l'huile de palme ! Aaaaaaaaaaaaaaaaaarh. Bref, j'ai rapidement eu un petit pincement au coeur. J'ai donc voulu me mettre aux petits pots maison.
N'ayant jamais cuisiné une purée de ma vie, j'ai fait l'acquisition d'un Babycook, achat discutable, puisque assez couteux et pas franchement indispensable finalement. Une casserole et un mixeur ça marche tout aussi bien. Mais malgré tout, le Babycook reste assez pratique pour commencer et quand on est une grosse flemmarde qui n'a pas envie de se prendre le chou.
Mais voila, petit souci, je suis une nulle de l'organisation "babycookesque" ! Du coup, je me retrouve souvent à donner des pots industriels.
Petit forilège de mes désastres organisationnels :
- Légumes achetés en énorme quantité, grosse flemme de cuisiner, et je me retrouve 3 jours plus tard avec des légumes pas super frais, je n'ai plus envie de les donner à mini capuchon ...
- Le magasin bio du quartier est fermé au moment même où je comptais acheter mon stock de fruits et légumes, reportant ainsi tous mes petits pots maison à plus tard ...
- J'ai oublié d'acheter le poulet ou le jambon pour mettre en plus dans mes petits pots maison ...
- Je prépare 4 purées d'un coup, j'en congèle donc 3 mais le jour J, mini capuchon râle pendant toute la décongélation dans le Babycook (compter 20 minutes environ de piaillements).
- Variante : il reste un petit morceau glacé dans le pot décongelé ... miam de la glace au brocoli.
- Je décide de préparer les légumes et les fruits le même soir, et du coup la compote de fruits a une vieille odeur de pomme de terre ... (pourtant j'ai bien lavé le Babycook entre-temps)
- Je galère dans les proportions pomme de terre/légumes, souvent je mets trop de pomme de terre et la purée pèse alors 4 tonnes et mini capuchon ne se gène pas pour me le faire comprendre !
- Mini capuchon déteste ma purée maison et du coup vexée comme un pou je fais une pause petits pots pendant quelques jours ...
Oh, joie ! Mais finalement, ce qui me pose le plus de problèmes, c'est l'organisation de l'emploi du temps de mon Babycook. Pour me comprendre, il faut savoir que j'ai une peur bleue des bactéries alimentaires (seulement pour mon bébé, moi je m'en fiche j'ai déjà bu du lait périmé depuis plusieurs jours, suis une warrior !) Conséquence de ce petit souci hypocondriaque par procuration, c'est que je cuisine des légumes et des fruits super frais, je ne conserve pas les pots plus de 24 h dans le frigo, je décongèle d'un coup au Babycook et je lave énergiquement chaque partie du babycook après chaque utilisation ... oui, moi aussi ça me fatigue.
Au début, j'avais donc un gros souci pour organiser la cuisine et la dégustation. D'ailleurs si vous avez des idées, je suis preneuse ! J'ai biensur déjà demandé à mes copines mamans. Souvent, elles préparent la veille pour le lendemain, ou pendant la sieste de bébé, d'autres congèlent les pots et les laissent décongeler pendant la nuit ou au petit matin. La première solution me semble très bien sauf que je n'ai pas envie d'aller acheter des fruits et légumes quasi tous les jours, et je n'ai surtout pas envie de cuisiner tous les soirs ou pendant les siestes, seuls moments de petite liberté qu'il me reste. Cuisiner pendant que bébé joue, c'est même pas la peine d'y songer, c'est même limite suicidaire et laisser décongeler dans le frigo comme dit plus haut j'ai un ptit souci à ce niveau.
Depuis 10 jours, j'ai enfin trouvé un mini emploi du temps intéressant mais pas encore parfait. J'achète les légumes tous les 3 jours, et pendant une heure je popotte pour faire 3 purées. Le reste de légumes et de viande, je le fais chauffer dans une casserole pour barbe de 4 jours et moi-même. Un bébé ça fait grandir ses parents, on mange plus équilibré qu'avant ! (il ne nous reste plus qu'à arrêter le coca, la clope pour barbe de 4 jours, le barres chocolatées ... etc)
Mais si j'arrive à bien gérer les purées, maintenant il me reste à bien gérer les compotes, et ce n'est pas encore le cas. Parce que j'ai la flemme de me remettre à la popotte plus de 2 soirs par semaine, et parce que la compote décongelée au Babycook et donc chaude c'est pas le top de la gastronomie ...
Bref, je suis encore en quête de l'emploi du temps idéal, je sais que je me mets des barrières toute seule avec mes principes, et aussi que je pourrais me guérir de ma flemmingite aigue ... ou pas. J'ai lu beaucoup de bonnes choses sur les petits pots industriels, notamment qu'ils respectaient scrupuleusement les proportions indiquées pour un bébé de tel ou tel âge, et que les teneurs en pesticides et en nitrates étaient très contrôlées (d'où le fait que pour les pots maison j'achète tout bio). Or c'est vrai que je ne respecte pas très bien les proportions ... D'un autre côté, les petits pots maison permettent de faire goûter des tas de légumes et fruits différents et ils sont plus naturels et plus économiques.
Bref, j'en suis arrivée à la conclusion que le mieux était de faire des pots maison, j'essaye de m'y astreindre au maximum (d'ailleurs si je ne le fais pas maintenant qu'en sera-t-il quand mini capuchon sera plus grande ? Sera-t-elle condamnée à manger du surgelé tous les soirs ?!) mais de temps en temps un petit pot industriel, ça ne lui fera pas de mal non plus. J'essaye de mettre en avant l'aspect ludique de la cuisine et du choix de mes légumes, je me dis que plus tard je lui ferai découvrir les noms et les couleurs des légumes, qu'elle nous aidera à les choisir quand on ira faire les courses et qu'elle aidera à faire la cuisine.
Quid du papa ? Et bien il ira faire les courses quand j'aurai repris le travail, parce que sinon niveau cuisine, c'est pas ça, il est d'ailleurs bien content que j'allaite entre autres pour ne pas avoir à préparer les biberons, c'est vous dire.
En ce moment, mini capuchon et moi suivons des ateliers de massage. Non, elle ne se fait pas masser par un grand suédois, installée sur une table avec un trou pour la tête. C'est moi qui apprend entre deux pauses couche/tétée/compote/ câlins/dodo, les gestes et les principes de base pour masser ma précieuse puce. J'apprécie beaucoup ces ateliers qui représentent un petit havre de paix pour moi. D'abord le cadre est idyllique (une vaste maison ouverte, alors que je vis dans un riquiqui appartement) puis on se retrouve entre mamans qui veulent toutes partager des moments doux et complices avec leur bébé.
A chaque séance, la formatrice commence par nous poser une question un brin poétique sur nos bouts de choux. Ces questions me font à chaque fois sourire et me permettent l'espace d'un instant de penser à mon bébé de manière un peu décalée, j'aime ce changement de point de vue, j'aime penser à ma fille comme à une poésie.
Si votre bébé était une couleur, laquelle serait-il ?
- Mini capuchon serait orange car elle est pétillante et passionnée.
Si elle était un instrument de musique ?
- Une guitare douce et tonique à la fois.
Si elle était un lieu ?
- Une place avec une fontaine, joyeuse et claire comme son rire.
Si elle était une chanson ?
- Une chanson douce (que me chantait ma maman, lalala ... ) car elle sourit et se calme dès que je la chante ...
...
Et vous, quelle chanson serait votre bébé ?
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