Récemment, j'ai lu un article sur l'allaitement, intitulé "Allaiter ou pas ? Un choix éclairé pour la liberté de décider." et écrit dans le magazine Oyako. La journaliste Estelle Alquier, y écrit "On l'aura compris, faire le choix de l'allaitement ou non implique de s'interroger sur les raisons profondes de notre hésitation, de s'éloigner des idées reçues, de connaître des personnes compétentes d'un point de vue médical et pratique et surtout comme le recomande Catherine Fontenel, consultante en lactation certifiée IBCLC à Bayonne, de s'abreuver des conseils et ressentis des mamans ayant allaité : "Les vraies expertes de l'allaitement sont les femmes qui ont allaité et cet art doit pouvoir se transmettre de femme à femme, de mère à fille et d'amie à amie."
S'en suit le témoignage d'une femme qui a toujours vu sa mère allaiter et qui ne s'est donc même pas posé la question de savoir si elle allait le faire ou non.
Je me suis alors fait la réflexion que pour ma part, je n'avais aucun exemple de femmes qui allaitaient. En tout cas personne de proche, ni ma mère, ni mes tantes, ni même mes amies puisque je suis une des premières à avoir un enfant. Rien ne m'a particulièrement poussée à allaiter, mon envie était pourtant très forte et très présente avant même la naissance de mini capuchon.
L'auteur de l'article ajoute "Pour que la question fasse l'objet d'une décision véritablement réfléchie, il convient d'abord de se dédouaner des représentations sociales négatives, de l'absence de pratiques familiales, de l'incompétence de certains pédiatres, de l'influence de la publicité."
Ainsi, la décision d'allaiter son enfant est tributaire d'énormément de données. La décision dépend de notre histoire familiale, des représentations qui en découlent, de ce que l'on sait ou entend sur le sujet, de notre environnement en somme.
Qu'en est-il quand nos envies semblent en complète contradiction avec le modèle que l'on a eu ? Et bien, pour ma part je sais que lorsque j'ai découvert, petite que les mamans pouvaient allaiter au sein leurs petits, je me suis demandé pourquoi ma maman ne l'avait pas fait. Cette interrogation m'a marquée, surement autant que si j'avais eu un modèle sous les yeux. L'histoire familiale marque nécessairement nos représentations, qu'il s'agisse de copier ou d'agir en réaction au modèle.
Je trouve utile de se rendre compte de la complexité des fondements de notre décision d'allaiter ou non. Elle permet d'en savoir beaucoup sur soi et sur notre vision de la maternité et du rapport mère/enfant. Je trouve passionnant aussi de s'interroger sur ce que cela raconte de notre propre histoire familiale. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai toujours du mal à comprendre les gueguerres entre biberonnantes et allaitantes. Quand on sait que la question est très personnelle, je ne comprends pas qu'il y ait autant de vindictes à ce sujet. Peut-être faudrait-il juste oeuvrer pour que l'environnement médical soit mieux informé et le monde publicitaire moins omnipotent en matière d'alimentation afin d'équilibrer la donne et permettre au maximum des choix objectifs. Mais au delà de ces points qui nécessitent déjà tant d'énergie, n'oublions pas à quel point le choix d'allaiter est complexe et personnel.
Enfin, être au clair sur nos véritables motivations, peut nous permettre d'être à même d'affronter les diverses difficultés qui peuvent se poser en début d'allaitement ou au contraire de lâcher prise sereinement. Pour ma part, comme je l'ai mentionné dans mon témoignage chez Maman sur terre, j'ai tenu bon face aux obstacles de départ car pour moi l'allaitement était essentiel. J'envisageais très difficilement ma propre maternité sans passer par l'allaitement.
Et vous, qu'est-ce qui a motivé votre décision ?
Ceci était ma contribution au blog collectif des vendredis intellos.




